Etude – Akrich Madeleine

Bonjour,

J’ai eu l’occasion de croiser la route d’un texte extrêmement complexe lors de ma formation : « Les objets techniques et leurs utilisateurs, de la conception à l’action » de Madeleine Akrich. Ceci est un extrait d’un ouvrage plus important, de la page 35 à la page 57 de « Les objets dans l’action », datant de 1993 par les éditions de l’EHESS.

 

 

Allez savoir pourquoi, mais cette sociologue et ingénieure française a pris la décision de relater ses expériences et ses théories avec un langage écrit tellement difficile à comprendre, qu’elles en deviennent presque inaccessibles. J’ai personnellement trouvé cela bien dommage parce que ce qui est expliqué est très intéressant à prendre en compte dans tous les processus de création quel qu’il soit.

Ci-dessus, la succession d’émotions que j’ai ressentie lors de la lecture de ce texte

En effet, elle a choisit de présenter le processus d’innovation, et le processus d’action, par rapport à un utilisateur dans un certain environnement et un certain contexte social. Concrètement, il s’agit de la création d’un objet, et de son utilisation par une personne, dans un environnement bien définie. Ceci est le thème de son récit. Elle le traite en deux parties, elles-mêmes diviser avec trois situations.

La première partie présente la nécessité d’un contexte précis et définit pour qu’une action soit possible et se produise correctement entre un objet et son utilisateur. Elle y intègre les capacités physiques, les compétences, et la situation sociale de l’utilisateur comme étant à prendre en compte pour le bon déroulement de l’action. Dans la deuxième partie, elle va chercher à relier le processus d’innovation avec l’action, en analysant des situations d’utilisation d’un objet par une personne.

Durant tout son récit, Madeleine Akrich nous propose des exemples avec le projet RV1G, qui est un objet proche du minitel ou de la livebox aujourd’hui. C’est à dire qu’il propose le téléphone et la télévision, mais peu aussi varier les prix et les accès au service selon la demande, mesurer le trafic, l’audience, etc. C’est un projet du début des années 80 qui a été abandonné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour qu’une action puisse se produire correctement entre un objet et un utilisateur, il y a plusieurs entités à prendre en compte : les actives, c’est à dire les dispositifs techniques et leurs utilisateurs, et les passives, c’est à dire l’espace dans lequel se situe l’action. En l’occurrence, pour le projet RV1G, il faut prendre en compte dans l’espace le coffret d’abonné qui relit le réseau à la télévision, les meubles, les objets à proximité et la place dans la pièce, et enfin la télécommande. 

La première problématique porte sur l’introduction de l’objet dans l’environnement de l’utilisateur qui peux varier selon le profil de l’utilisateur.

Par exemple, quel espace y a t’il entre le coffret et le canapé ou sera assis l’utilisateur, et à quelle hauteur sera-t’il installé?

La deuxième problématique porte sur la bonne interaction entre l’objet et l’utilisateur.

Il est nécessaire que l’objet réagisse aux demandes de l’utilisateur, et que l’utilisateur comprenne correctement le fonctionnement de l’objet. Les interfaces comme les écrans, l’utilisation d’une télécommande et des boutons permettent la communication entre les deux.

Enfin, la troisième problématique porte sur la multitude d’actions et d’acteurs qu’engendre une action de l’utilisateur, mais aussi sur l’implication de celui-ci à utiliser l’objet.

En effet, si l’utilisateur choisit l’abonnement à une chaîne, cela engendre la facturation et donc le prélèvement sera plus chère.  L’implication est caractérisée par la quantité, la durée et la couverture spatiale que propose l’objet.

 

Image issus d’un article du site Cosmopolitan

La deuxième partie porte sur l’analyse d’une action entre un utilisateur et un objet, ce qui comprend son aspect technique, l’environnement, les acteurs et les registres d’action. L’action peut être vue comme une manipulation, une concrétisation de l’intention, ou la création ou l’actualisation de liens avec des tiers. Le concepteur va envisager plusieurs scénario d’usage pour définir le champ d’action possible de l’utilisateur.

Le choix de ce qu’elle appelle « l’actant », ce que l’on pourrait traduire de « bouton de commande » dans le cas du projet RV1G, est important pour l’interprétation du dispositif par l’usager. Par exemple, ils ont choisit de créer un bouton « envoi » qui fait davantage référence au minitel, plutôt que « validation » qui a une connotation plus juridique. Enfin elle présente trois situation d’usage qui se sont mal passé pour des soucis de coopération, de traduction et de coordination.

L’utilisation de la télécommande nécessite que l’utilisateur la tienne correctement et sache viser.

Pour remédier à une mauvaise compréhension de l’outil, on réalise un mode d’emploi, ou on modifie le dispositif, ou encore on arrange l’environnement pour concilier les deux parties.

Rentrer la clé d’accès au réseau est longue et laborieuse. Il arrive de se tromper de numéro ou de lettre et en voulant corriger, on annule toute la démarche entreprise.

Proposer deux situation à l’utilisateur: « annuler » et « corriger » nécessite qu’il y fasse attention et ne se trompe pas. Dans un autre cas, l’utilisateur doit comprendre qu’il y a une clé réseau à rentrer. A chaque fois, l’utilisateur ne comprend pas l’action à effectuer et ne sait pas comment terminer la démarche.

Comment être sur que l’utilisateur a bien fait la demande de recevoir une émission payante?

Pour obtenir la certitude que l’usager a eu la volonté d’accéder à des programmes payants et donc de lancer un paiement différé, au début le choix était de faire un double appuis sur le bouton « envoi ». Seulement, la posture juridique pouvait être contestée. Alors par la suite une deuxième clé d’accès était transmise à l’usager qui offre la compétence de décision dans un premier temps, et une réelle identification de l’auteur auprès des opérateurs dans un deuxième temps.

Pour conclure, elle propose deux résultats: le premier consistant à bien préparer l’action, en prenant en compte ses repères, son déroulement, sa signification dans l’interaction entre les dispositifs, les acteurs et l’environnement. Enfin, le deuxième consistant à considérer le lien entre la conception et l’usage par la traduction, l’action comme coopération entre l’utilisateur et le dispositif, et la coordination de la chaîne d’action comprenant  les acteurs et les dispositifs qui y sont reliés.

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